Simulez votre salaire au SMIC en fonction de vos heures de travail, du temps partiel et des heures supplémentaires. Données officielles mises à jour, calcul instantané.
Le SMIC, salaire minimum interprofessionnel de croissance, constitue le plancher de rémunération en France. Aucun salarié ne peut être payé en dessous de ce seuil pour un travail effectif, quel que soit son secteur d'activité ou la taille de son entreprise. Au 1er janvier 2026, le SMIC horaire brut reste fixé à 11,88 euros, un montant inchangé depuis la dernière revalorisation du 1er novembre 2024.
Pour un salarié à temps plein (35 heures par semaine), cela représente un salaire mensuel brut de 1 801,80 euros. Ce calcul repose sur la mensualisation légale : 35 heures multipliées par 52 semaines, le tout divisé par 12 mois, soit 151,67 heures mensuelles. C'est cette base qui figure sur la grande majorité des bulletins de paie en France.
En net, après déduction des cotisations salariales (sécurité sociale, retraite complémentaire, assurance chômage, CSG et CRDS), le SMIC mensuel tombe aux alentours de 1 426 euros. Il faut noter que ce montant est calculé avant prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, instauré en France depuis janvier 2019. Le montant réellement perçu dépend donc aussi du taux d'imposition individuel du salarié.
La revalorisation du SMIC obéit à des règles précises. Chaque année, au 1er janvier, le gouvernement ajuste le montant en tenant compte de deux indicateurs : l'évolution de l'indice des prix à la consommation pour les 20% de ménages les plus modestes, et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés (SHBOE). Le gouvernement peut ajouter un "coup de pouce" supplémentaire, mais cela reste rare dans la pratique récente.
Depuis 2020, le SMIC a connu une progression significative, portée en grande partie par les poussées inflationnistes de 2022 et 2023. À titre de comparaison, le SMIC horaire brut était de 10,15 euros en janvier 2020, soit une hausse de plus de 17% en six ans. Cette progression, bien que notable, est largement corrélée à l'inflation, ce qui signifie que le gain en pouvoir d'achat réel reste modeste.
Pour les professionnels RH et les gestionnaires de paie, suivre l'évolution du SMIC est indispensable. Il impacte directement le calcul des bulletins de paie, les seuils d'exonération de cotisations patronales (réduction Fillon), le montant de la prime d'activité, et de nombreux plafonds sociaux et fiscaux. Un logiciel de paie à jour intègre automatiquement ces revalorisations, ce qui évite les erreurs manuelles et les risques de non-conformité.
Tous les salariés ne travaillent pas 35 heures par semaine. De nombreux contrats à temps partiel existent en France, notamment dans le commerce, la restauration ou les services à la personne. Le montant du SMIC varie alors proportionnellement au nombre d'heures travaillées. Voici un tableau récapitulatif pour les durées les plus courantes.
| Heures / semaine | Heures / mois | Brut mensuel | Net mensuel (approx.) |
|---|---|---|---|
| 20h | 86,67h | 1 030,04 € | 818,88 € |
| 24h | 104,00h | 1 235,52 € | 982,24 € |
| 28h | 121,33h | 1 441,40 € | 1 145,91 € |
| 30h | 130,00h | 1 544,40 € | 1 227,80 € |
| 32h | 138,67h | 1 647,40 € | 1 309,68 € |
| 35h | 151,67h | 1 801,80 € | 1 426,30 € |
| 39h | 169,00h | 2 007,72 € * | 1 621,14 € * |
* Pour 39 heures, le calcul intègre 4 heures supplémentaires par semaine majorées à 25%, soit un taux horaire de 14,85 euros pour ces heures. Le montant net tient compte de l'exonération de cotisations salariales sur les heures supplémentaires.
Le calcul de la mensualisation est le même pour tous : on multiplie le nombre d'heures hebdomadaires par 52 (nombre de semaines dans l'année), puis on divise par 12 (nombre de mois). Ainsi, pour 24 heures par semaine : 24 x 52 / 12 = 104 heures mensuelles. Le salaire brut est ensuite obtenu en multipliant ce volume horaire par le SMIC horaire de 11,88 euros.
Les heures supplémentaires concernent toutes les heures de travail effectuées au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine. Elles sont soumises à des règles de majoration spécifiques, définies par le Code du travail et éventuellement modulées par les conventions collectives.
Le taux de majoration légale est le suivant :
La durée maximale de travail est fixée à 48 heures par semaine (ou 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives). Un salarié au SMIC travaillant 48 heures par semaine toucherait donc un salaire brut mensuel nettement supérieur à celui d'un temps plein standard.
Depuis la loi du 24 décembre 2018, les heures supplémentaires bénéficient d'une exonération de cotisations salariales. Concrètement, le salarié ne paie pas de cotisations sociales (hors CSG/CRDS) sur la rémunération des heures supplémentaires. Cette exonération est plafonnée à 11,31% du salaire brut des heures sup.
De plus, les revenus issus des heures supplémentaires sont exonérés d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an. Au-delà de ce seuil, les heures supplémentaires sont imposables normalement. Pour un salarié au SMIC, ce plafond est rarement atteint, ce qui rend l'ensemble des heures supplémentaires particulièrement avantageuses sur le plan fiscal.
Certaines conventions collectives prévoient des taux de majoration différents, mais ils ne peuvent pas être inférieurs à 10% (plancher légal). Dans la pratique, la majorité des PME appliquent le taux légal de 25% et 50%. Il convient de vérifier la convention collective applicable à l'entreprise pour s'assurer du taux exact. Un logiciel de paie conforme intègre automatiquement ces paramètres conventionnels.
L'évolution du SMIC ces dernières années reflète la période économique mouvementée que la France a traversée, entre crise sanitaire, inflation record et reprise progressive. Voici le détail des revalorisations successives.
| Date | SMIC horaire brut | SMIC mensuel brut (35h) | Hausse |
|---|---|---|---|
| 1er janvier 2020 | 10,15 € | 1 539,42 € | +1,2% |
| 1er janvier 2021 | 10,25 € | 1 554,58 € | +0,99% |
| 1er janvier 2022 | 10,57 € | 1 603,12 € | +0,9% |
| 1er mai 2022 | 10,85 € | 1 645,58 € | +2,65% |
| 1er août 2022 | 11,07 € | 1 678,95 € | +2,01% |
| 1er janvier 2023 | 11,27 € | 1 709,28 € | +1,81% |
| 1er mai 2023 | 11,52 € | 1 747,20 € | +2,22% |
| 1er janvier 2024 | 11,65 € | 1 766,92 € | +1,13% |
| 1er novembre 2024 | 11,88 € | 1 801,80 € | +2,0% |
| 1er janvier 2026 | 11,88 € | 1 801,80 € | Inchange * |
* Au moment de la rédaction de cette page (février 2026), le SMIC n'a pas encore été revalorisé par rapport au taux du 1er novembre 2024. Une revalorisation pourrait intervenir en cours d'année si l'indice des prix à la consommation dépasse le seuil de déclenchement automatique de 2%.
On observe clairement l'accélération des hausses en 2022 et 2023, liée à l'inflation qui a dépassé les 5% en France. L'année 2022 a même connu trois revalorisations (janvier, mai et août), un fait sans précédent depuis la création du SMIC en 1970. Cette période a mis en lumière l'importance pour les services paie d'être réactifs et de disposer d'outils capables de mettre à jour les grilles de salaire rapidement.
Pour les entreprises qui emploient des salariés au SMIC ou à des niveaux proches, chaque revalorisation entraîne une cascade de mises à jour : bulletins de paie, déclarations sociales, calcul des allègements de cotisations patronales (réduction générale sur les bas salaires, dite réduction Fillon), mise à jour des logiciels de paie, et information des salariés concernés.
Le travail à temps partiel concerne une part significative des salariés en France, en particulier dans les secteurs du commerce de détail, de l'hôtellerie-restauration, des services à la personne et de l'aide à domicile. Le calcul du SMIC pour un temps partiel suit une logique strictement proportionnelle au nombre d'heures travaillées.
La formule est simple : on applique la même mensualisation que pour un temps plein, mais en remplaçant les 35 heures par le nombre d'heures prévues au contrat. Par exemple, pour un contrat de 24 heures par semaine :
Il est important de noter que la loi impose une durée minimale de travail de 24 heures par semaine pour les contrats à temps partiel, sauf dérogation prévue par la convention collective ou demande écrite et motivée du salarié. Certaines conventions collectives, notamment dans la propreté ou la grande distribution, fixent des seuils différents.
Le salarié à temps partiel bénéficie des mêmes droits que le salarié à temps plein, de manière proportionnelle : congés payés, ancienneté, formation professionnelle, accès aux avantages sociaux de l'entreprise. Son employeur ne peut pas lui imposer un salaire horaire inférieur au SMIC sous prétexte qu'il travaille moins d'heures.
Un point souvent méconnu : les heures complémentaires (heures effectuées au-delà du temps partiel contractuel, mais en dessous de 35 heures) sont majorées de 10% dans la limite d'un dixième de la durée contractuelle, puis de 25% au-delà. Elles ne doivent pas être confondues avec les heures supplémentaires, qui ne concernent que les heures au-delà de 35 heures.
Pour les gestionnaires de paie, le paramétrage des contrats à temps partiel dans le logiciel doit être particulièrement rigoureux : durée contractuelle, répartition des heures, majoration des heures complémentaires et plafonds prorata de certains dispositifs (réduction Fillon, plafond de sécurité sociale).
Si le SMIC constitue le minimum légal applicable à tous les secteurs, certaines branches professionnelles fixent des minima conventionnels qui peuvent être supérieurs au SMIC. On parle parfois de "SMIC hôtelier" ou de "SMIC de la métallurgie", bien que ces termes soient techniquement imprécis : il ne s'agit pas de SMIC alternatifs, mais de grilles de salaires minimales négociées dans le cadre des conventions collectives.
Dans le secteur de l'hôtellerie-cafés-restauration (HCR), par exemple, la convention collective fixe des minima conventionnels par échelon et par niveau. Historiquement, certains échelons pouvaient être inférieurs au SMIC, ce qui rendait le SMIC applicable de fait. Avec les hausses successives du SMIC, de nombreuses grilles conventionnelles ont été "écrasées", obligeant les partenaires sociaux à renégocier régulièrement les minima de branche.
Ce phénomène de "tassement des grilles" est un enjeu majeur pour les DRH. Lorsque le SMIC rattrape ou dépasse les premiers niveaux de la convention collective, la différenciation salariale entre un débutant et un salarié expérimenté se réduit, ce qui peut générer des tensions internes et des problèmes de motivation. Les entreprises doivent alors revoir l'ensemble de leur politique de rémunération, pas seulement le salaire des employés au SMIC.
Parmi les secteurs concernés par des minima conventionnels proches du SMIC :
Pour les professionnels RH, la veille conventionnelle est aussi importante que le suivi du SMIC lui-même. Un logiciel de paie performant intègre les conventions collectives et met automatiquement à jour les minima conventionnels, signalant les cas où un salaire serait inférieur au minimum applicable.
Le SMIC est revalorisé automatiquement au 1er janvier de chaque année. Toutefois, une revalorisation anticipée peut intervenir en cours d'année si l'indice des prix à la consommation (hors tabac) des ménages du premier quintile augmente de plus de 2% par rapport à l'indice pris en compte lors de la dernière revalorisation. Début 2026, le SMIC n'a pas encore été revalorisé par rapport au taux fixé au 1er novembre 2024 (11,88 euros). Si l'inflation se maintient à un niveau modéré, aucune hausse intermédiaire ne sera déclenchée. En revanche, une hausse au 1er janvier 2027 est quasi certaine, conformément au mécanisme d'indexation annuel.
Oui, le SMIC est identique en France métropolitaine et dans les départements et régions d'outre-mer (DROM) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion. L'exception notable est Mayotte, qui disposait historiquement d'un SMIC spécifique inférieur au SMIC national. Depuis la départementalisation de Mayotte en 2011, un processus d'alignement progressif est en cours. Le SMIC mahorais a été considérablement revalorisé ces dernières années, mais n'a pas encore atteint la parité complète avec le SMIC national. Pour les collectivités d'outre-mer (Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie), chaque territoire fixe son propre salaire minimum, distinct du SMIC métropolitain.
Non, payer un salarié en dessous du SMIC horaire brut pour un travail effectif est interdit et constitue une infraction pénale. L'employeur s'expose à une amende de 1 500 euros par salarié concerné (3 000 euros en cas de récidive). Quelques situations spécifiques prévoient des taux réduits : les apprentis perçoivent un pourcentage du SMIC variant de 27% à 100% selon leur âge et leur année de contrat ; les salariés en contrat de professionnalisation perçoivent entre 55% et 100% du SMIC selon leur âge et leur qualification ; les mineurs de moins de 17 ans perçoivent le SMIC minoré de 20%, et ceux de 17 à 18 ans le SMIC minoré de 10%. Les stagiaires ne sont pas concernés par le SMIC : ils perçoivent une gratification minimale légale (4,35 euros par heure en 2026) pour les stages de plus de 2 mois.
Non, les pourboires ne sont pas pris en compte pour vérifier le respect du SMIC. L'employeur doit garantir un salaire de base au moins égal au SMIC brut, indépendamment des pourboires que le salarié peut recevoir. Les pourboires constituent un complément de rémunération. Depuis la loi de finances pour 2022, les pourboires versés par voie dématéri-alisée (carte bancaire, application) aux salariés des secteurs de l'hôtellerie et de la restauration sont exonérés de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, à condition que la rémunération du salarié ne dépasse pas 1,6 SMIC. Cette mesure, initialement prévue jusqu'en 2023, a été prolongée. Son maintien au-delà de 2025 dépend des décisions législatives en cours.
Le SMIC brut est le montant total avant toute retenue. Le SMIC net est le montant perçu par le salarié après déduction des cotisations sociales salariales. Ces cotisations comprennent notamment : la sécurité sociale (maladie, vieillesse), la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO), l'assurance chômage, la CSG (contribution sociale généralisée) et la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale). Pour un salarié non-cadre au SMIC, les cotisations salariales représentent environ 20,5% du salaire brut, grâce aux allègements spécifiques sur les bas salaires. Le SMIC net est donc d'environ 79,5% du brut. Attention, ce montant net est "avant impôt" : le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu viendra encore réduire le montant effectivement versé sur le compte bancaire du salarié.