- Postes où la demande entreprise dépasse l'offre candidat
- Délais de recrutement > 3 mois et taux d'abandon > 30 %
- Causes : vieillissement, transition numérique, image dégradée, déficit de formation
- Top 2026 : soignants, ingénieurs, techniciens BTP, cybersec, profs, cuisiniers
Comment identifier un métier en tension
France Travail publie chaque année un baromètre national des métiers en tension. Les critères : délai moyen de recrutement supérieur à 3 mois, taux d'abandon des candidatures supérieur à 30 %, nombre d'offres actives divisé par nombre de chercheurs. Un poste peut être en tension localement sans l'être au niveau national, et inversement.
Les grandes familles de métiers en tension en 2026 : santé (infirmiers, aides-soignants, médecins généralistes), BTP (tous les corps de métier, surtout techniciens et encadrants de chantier), industrie (techniciens de maintenance, soudeurs, chaudronniers), tech (cybersécurité, data, cloud), éducation (enseignants en maths, sciences, langues), restauration (cuisiniers, chefs de rang), transport (chauffeurs PL, conducteurs de bus, livreurs).
Pourquoi il y a tension et comment recruter quand même
Les causes sont rarement une seule : vieillissement (beaucoup de départs à la retraite sans remplacement), transition écologique et numérique (nouveaux métiers qui n'ont pas encore leur vivier), image dégradée (restauration, soignants), formation insuffisante (pas assez de places dans certaines filières), conditions de travail (horaires atypiques, pénibilité).
Les leviers pour recruter quand même : salaires au-dessus du marché (mais attention à l'inflation des grilles internes), investissement en formation interne (recruter sur potentiel et former), reconversions (Pro-A, POEI, alternance adulte), mobilité interne (vivier souvent sous-exploité), marque employeur spécifiquement travaillée pour ces profils, sourcing actif (LinkedIn, cooptation, salons). Les entreprises qui combinent 3-4 leviers sur la durée s'en sortent mieux que celles qui misent uniquement sur le salaire.
Une PME industrielle de 140 salariés dans le Grand Est galère à recruter ses techniciens de maintenance depuis 2021 (délai moyen de recrutement : 7 mois). En 2023, elle lance un partenariat avec un CFA local pour créer une classe d'alternance dédiée : 6 apprentis accueillis par an, contrat signé à l'arrivée. En 2026, 85 % des alternants restent en CDI à la fin du cycle. Délai de recrutement passé de 7 mois à 1 mois. Coût annuel du programme : environ 45 000 euros ; économie estimée en recrutement classique : plus de 120 000 euros par an.