- Document formalisant les principes éthiques et valeurs d'une entreprise
- Distinct du règlement intérieur (obligatoire) et du code de conduite (opérationnel)
- Pas obligatoire, sauf dans certains secteurs réglementés (banque, santé)
- Opposable aux salariés si annexée au règlement intérieur
Charte éthique, code de conduite, règlement intérieur : ne pas confondre
La charte éthique est le document le plus haut : elle énonce les principes (intégrité, respect, développement durable, égalité) en termes généraux. Le code de conduite, lui, traduit ces principes en règles de comportement précises (accepter ou non un cadeau d'un fournisseur, gérer un conflit d'intérêt). Le règlement intérieur est le document obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, strictement encadré par le Code du travail.
Concrètement, la charte pose le pourquoi, le code de conduite pose le comment, le règlement intérieur pose les sanctions. Les trois se complètent mais n'ont pas la même portée juridique ni la même précision. Beaucoup d'entreprises fusionnent charte et code, ce qui n'est pas grave tant que les salariés savent ce qu'on attend d'eux.
Ce qu'on met dans une charte éthique
Les grands thèmes qui reviennent : respect des personnes (harcèlement, discrimination), intégrité financière (corruption, fraude), respect des règles (concurrence, conflit d'intérêt), protection des données, engagement environnemental, responsabilité sociétale. La loi Sapin II du 9 décembre 2016 a d'ailleurs rendu obligatoire un code de conduite anti-corruption pour les entreprises de plus de 500 salariés et 100 millions de CA.
Une bonne charte tient en 2 à 5 pages. Au-delà, elle devient inopérante : les salariés ne la lisent pas, les managers ne s'en servent pas. La plupart des chartes efficaces contiennent 5 à 8 principes maximum, illustrés chacun par 2-3 exemples concrets. C'est la clarté qui fait la force d'une charte, pas l'exhaustivité.
Un groupe de BTP de 1200 salariés a publié en 2022 une charte éthique ambitieuse (12 pages, 25 principes). Deux ans plus tard, un audit interne révèle que 80 % des salariés ne savent pas ce qu'elle contient. La DRH la réécrit en 2024 : 3 pages, 6 principes, 2 exemples concrets par principe. Avec une version PDF et un onepager visuel distribué à chaque embauche. Sondage 2025 : 70 % des salariés peuvent citer au moins 3 principes. Version courte, impact multiplié par 4.