Définition RH

Code de conduite : définition

Le code de conduite, c'est le document qui traduit les valeurs d'une entreprise en règles de comportement précises au quotidien. Il est obligatoire depuis la loi Sapin II de 2016 pour les entreprises de plus de 500 salariés et 100 millions d'euros de CA.

Mis à jour le 23 avril 2026 Lecture : 3 min
Document de code de conduite d'entreprise avec signatures
En bref
  • Document formalisant les règles de comportement attendues des salariés
  • Obligatoire pour les entreprises >500 salariés et >100 M€ de CA (loi Sapin II)
  • Doit être intégré au règlement intérieur pour être opposable
  • Couvre principalement la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêt

Ce que contient un code de conduite

Le code couvre les situations concrètes auxquelles un salarié peut être confronté : accepter ou refuser un cadeau d'un fournisseur, gérer un conflit d'intérêt, signaler un comportement douteux, protéger les données confidentielles, respecter les règles de concurrence. Chaque règle est idéalement illustrée par un exemple fictif mais réaliste ('Jean, commercial, reçoit une invitation au Roland-Garros...').

Les grandes thématiques récurrentes : corruption et trafic d'influence, cadeaux et avantages, conflits d'intérêt, relations avec les élus et l'administration, délit d'initié, protection des données personnelles, harcèlement, diversité, sécurité et environnement. Un code efficace tient en 15 à 30 pages avec un sommaire clair et un index thématique.

Le code et la loi Sapin II

La loi Sapin II du 9 décembre 2016 impose aux grandes entreprises (500+ salariés, 100 M€+ de CA) la mise en place d'un programme de conformité anti-corruption. Le code de conduite anti-corruption en est le premier pilier. Il doit définir les types de comportement à proscrire, les sanctions internes, et un dispositif d'alerte protégé.

Pour être juridiquement opposable, le code doit être annexé au règlement intérieur et diffusé selon les mêmes règles (consultation du CSE, affichage, dépôt à l'inspection du travail). Sans cette formalisation, il reste un document interne déclaratif, utile en management mais sans effet disciplinaire possible.

Cas concret

Un groupe industriel de 1500 salariés met en place son code de conduite anti-corruption en 2018. En 2023, un cadre accepte un voyage 'VIP' payé par un fournisseur juste avant la signature d'un contrat. Signalement anonyme via la plateforme prévue par le code, enquête interne, sanction : mise à pied de 10 jours plus changement de périmètre. Le salarié conteste aux prud'hommes. Le tribunal valide la sanction : le code annexé au règlement intérieur était clair et opposable, la faute caractérisée.

Questions fréquentes

Le code de conduite est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Non. Il est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés réalisant un chiffre d'affaires de plus de 100 millions d'euros (loi Sapin II, article 17). Pour les autres, il est facultatif mais fortement recommandé, notamment dans les secteurs sensibles (santé, finance, services publics). Beaucoup de PME s'en dotent par contrat avec leurs donneurs d'ordre.
Quelle différence entre charte éthique et code de conduite ?
La charte éthique énonce des principes généraux (intégrité, respect, responsabilité). Le code de conduite les traduit en règles concrètes ('ne jamais accepter un cadeau supérieur à 50 euros'). La charte inspire, le code instruit. Les grandes entreprises ont souvent les deux ; les PME qui en font un fusionnent généralement les deux documents.
Que risque un salarié qui viole le code de conduite ?
Si le code est annexé au règlement intérieur, une sanction disciplinaire allant de l'avertissement au licenciement pour faute grave. Si les faits constituent aussi une infraction pénale (corruption, abus de bien social), des poursuites pénales avec peines d'emprisonnement et amendes. Sans intégration au règlement intérieur, seule une sanction hors disciplinaire est envisageable (avertissement moral sans effet juridique).