Définition RH

Discrétion professionnelle : définition

La discrétion professionnelle, c'est l'obligation pour un salarié de ne pas divulguer les informations confidentielles dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions. Elle s'applique à tous les salariés, sans besoin de clause écrite spécifique.

Mis à jour le 23 avril 2026 Lecture : 3 min
Salarié consultant un document confidentiel dans un bureau
En bref
  • Obligation de ne pas divulguer les informations confidentielles de l'entreprise
  • S'impose à tous les salariés, sans clause écrite nécessaire
  • Distincte du secret professionnel (qui concerne certaines professions)
  • Sanctions : de l'avertissement au licenciement pour faute grave

Discrétion, secret, confidentialité : ce qu'on peut dire ou pas

La discrétion professionnelle couvre les informations non publiques dont le salarié a connaissance dans son travail : stratégie commerciale, données clients, projets en cours, difficultés internes. Elle découle de l'obligation de loyauté prévue par l'article L1222-1 du Code du travail. Pas besoin de clause : c'est automatique.

Le secret professionnel au sens strict concerne certaines professions (médecin, avocat, fonctionnaire d'État, prêtre). Il est sanctionné pénalement par le Code pénal (article 226-13 : un an de prison et 15 000 euros d'amende). Pour les salariés ordinaires, on reste dans le cadre de la discrétion, sanctionnée disciplinairement.

La clause de confidentialité dans un contrat peut renforcer ces obligations en précisant les informations couvertes, la durée (souvent au-delà de la rupture du contrat) et les sanctions associées. Elle n'est pas obligatoire, mais utile pour les postes à accès sensible.

Ce que la discrétion permet de faire et ne pas faire

Exemples de ce qui est interdit : révéler à un concurrent une stratégie commerciale en cours, publier sur LinkedIn un post décrivant des difficultés financières internes, transmettre une liste de clients à un ami entrepreneur, divulguer la rémunération d'un collègue apprise par le service paie.

Ce qui n'est pas couvert : parler librement de son poste, de ses missions, de l'entreprise en des termes généraux (ça fait même partie de l'employee advocacy). Lanceur d'alerte : le salarié qui signale de bonne foi un manquement grave aux autorités compétentes est protégé par la loi (articles L1132-3-3 et L1132-4 depuis la loi Sapin II 2016, renforcée en 2022). La discrétion professionnelle ne peut pas servir d'excuse à couvrir une infraction.

Cas concret

Un salarié d'un cabinet de conseil poste sur LinkedIn un carrousel détaillant 'les galères des PME industrielles' en 2024, avec des exemples chiffrés tirés directement de 2 missions clients sans les anonymiser. Les clients se reconnaissent, portent plainte. L'entreprise engage une procédure disciplinaire : licenciement pour faute grave. Le salarié conteste aux prud'hommes. Le tribunal valide le licenciement : violation caractérisée de la discrétion professionnelle, indépendamment de toute clause spécifique au contrat.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

La discrétion professionnelle s'applique-t-elle après la rupture du contrat ?
Partiellement. Après la fin du contrat, le salarié reste tenu à ne pas divulguer les secrets d'affaires (cadre Loi 2018) et à respecter toute clause de confidentialité signée. En revanche, les informations générales apprises pendant l'emploi peuvent être réutilisées dans un nouveau job. Une clause de non-concurrence peut ajouter une interdiction plus large mais elle doit être indemnisée financièrement.
Parler de son salaire à un collègue est-il une violation ?
Non. La jurisprudence protège le droit des salariés à échanger sur leur rémunération entre eux : c'est une composante de la liberté d'expression syndicale et du principe d'égalité de traitement. En revanche, divulguer le salaire d'un collègue appris via le service paie ou la RH sans son accord constitue bien une violation de la discrétion.
Que risque un salarié qui viole la discrétion professionnelle ?
Selon la gravité : de l'avertissement au licenciement pour faute grave. Pour les cas les plus graves (vente d'informations à un concurrent, espionnage économique), des poursuites pénales sur le fondement du secret d'affaires (3 ans de prison et 375 000 euros d'amende maximum) ou de l'abus de confiance peuvent s'ajouter.