Définition RH

Politique handicap : définition

La politique handicap, c'est l'ensemble des actions d'une entreprise pour recruter, maintenir dans l'emploi et accompagner les travailleurs en situation de handicap. Elle répond à une obligation légale (OETH 6 %) dans les entreprises de 20 salariés et plus.

Mis à jour le 23 avril 2026 Lecture : 3 min
Collaborateur en situation de handicap travaillant avec son équipe
En bref
  • Ensemble des actions d'inclusion des travailleurs handicapés
  • OETH : obligation d'emploi de 6 % dans les entreprises de 20+ salariés
  • Contribution Agefiph si le taux n'est pas atteint (plusieurs milliers d'euros par poste manquant)
  • Leviers : recrutement direct, alternance, contrats avec ESAT/EA, accompagnement

L'OETH en clair

L'OETH (obligation d'emploi des travailleurs handicapés) impose à toute entreprise d'au moins 20 salariés d'employer au moins 6 % de travailleurs en situation de handicap dans ses effectifs. Elle concerne les bénéficiaires de la RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé), les pensionnés d'invalidité, les victimes d'accident du travail avec incapacité d'au moins 10 %, etc.

Si le taux de 6 % n'est pas atteint, l'entreprise paie une contribution à l'Agefiph (fonds de développement pour l'insertion des personnes handicapées). Le montant dépend de la taille et du déficit : typiquement 400 à 1 500 fois le SMIC horaire par poste manquant et par an, soit plusieurs milliers d'euros par poste non pourvu.

Au-delà de la conformité : ce qui marche

Les entreprises qui dépassent les 6 % partagent plusieurs traits. Référent handicap identifié (obligatoire dans les 250+ salariés, conseillé pour les autres) avec du vrai temps dédié. Partenariats actifs avec des associations (LADAPT, APF France handicap), avec Cap emploi, avec des ESAT (établissements de service et d'aide par le travail). Actions de sensibilisation internes régulières, pas seulement en semaine de l'emploi des personnes handicapées.

Côté maintien dans l'emploi : aménagement de poste via l'ergonome de l'entreprise ou un prestataire Agefiph, adaptation des horaires, formation des managers sur les handicaps invisibles (80 % des cas : pathologies mentales, troubles musculo-squelettiques, maladies chroniques). La visibilité n'est qu'une toute petite part du handicap au travail.

Cas concret

Un industriel agroalimentaire de 220 salariés avait un taux d'emploi handicap de 2 % en 2020, payait 35 000 euros d'Agefiph par an. En 2021, recrutement d'une référente handicap (0,5 ETP) et partenariat avec un Cap emploi et un ESAT local. Plan sur 4 ans : recrutement, sensibilisation managers, déclaration RQTH facilitée pour les salariés actuels (beaucoup ne savaient pas qu'ils pouvaient). En 2025, taux à 5,8 %, Agefiph réduit à 5 000 euros, image employeur nettement plus forte. Investissement amorti en 2 ans.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qui compte dans le taux d'emploi OETH ?
Les bénéficiaires de la RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé) délivrée par la MDPH, les invalides de guerre, les victimes d'accident du travail avec incapacité d'au moins 10 %, les titulaires de l'allocation adulte handicapé (AAH), les titulaires de la carte mobilité inclusion, et quelques autres cas. Les contrats d'au moins 6 mois comptent en effectif équivalent temps plein.
Comment une entreprise peut-elle atteindre les 6 % ?
4 leviers cumulables : recrutement direct de bénéficiaires de l'OETH (le plus classique), contrats en alternance (apprentissage, professionnalisation), sous-traitance auprès d'ESAT ou d'entreprises adaptées (compte partiellement), accueil de stagiaires handicapés. Les entreprises qui atteignent vraiment les 6 % combinent plusieurs leviers sur la durée.
Que risque une entreprise qui ignore l'OETH ?
Pas de sanction pénale directe, mais une contribution Agefiph majorée (jusqu'à 1 500 fois le SMIC horaire par poste manquant après 4 ans d'inaction totale), soit plusieurs milliers d'euros par poste et par an. Au-delà du financier, l'impact réputationnel est significatif : les appels d'offres publics et les contrats avec les grands comptes intègrent de plus en plus des critères RSE incluant l'emploi handicapé.