Définition RH

Taux de fréquence : définition

Le taux de fréquence, c'est l'indicateur qui mesure le nombre d'accidents du travail avec arrêt par million d'heures travaillées dans une entreprise. C'est l'indicateur de référence pour comparer la sinistralité entre entreprises ou secteurs.

Mis à jour le 23 avril 2026 Lecture : 3 min
Analyse d'indicateurs de sécurité au travail sur ordinateur
En bref
  • Indicateur : nombre d'AT avec arrêt par million d'heures travaillées
  • Formule : (nombre d'AT × 1 000 000) / heures travaillées
  • Comparable entre entreprises et sur plusieurs années
  • Benchmark France : autour de 20 tous secteurs (INRS 2024), plus haut en BTP

Comment calculer le taux de fréquence

Formule officielle : TF = (nombre d'accidents du travail avec arrêt × 1 000 000) / nombre total d'heures travaillées sur la période.

Exemple concret : une entreprise de 100 salariés à plein temps travaille environ 150 000 heures par an (100 × 1 500 heures annuelles). Si elle a eu 3 AT avec arrêt dans l'année, son taux de fréquence est (3 × 1 000 000) / 150 000 = 20. Ce 20 signifie 20 AT avec arrêt pour 1 million d'heures travaillées.

L'avantage du TF : il normalise la sinistralité et permet de comparer des entreprises de tailles différentes ou de suivre l'évolution d'une même entreprise d'une année sur l'autre. Un TF qui baisse signale une amélioration, qui monte un signal d'alerte.

Benchmark et interprétation

Moyenne France tous secteurs confondus (données INRS 2024) : environ 21 AT avec arrêt par million d'heures. Variations fortes par secteur : administration/bureaux : 5 à 10. commerce/services : 15 à 25. industrie : 20 à 35. BTP : 40 à 60. transport/logistique : 40 à 80. agriculture : 40 à 60.

Un TF 30 % au-dessus de la moyenne sectorielle est un signal fort de dysfonctionnement : le DUERP, les procédures et la formation sécurité sont à revoir. À l'inverse, un TF 30 % en dessous peut être trop beau : dans certaines entreprises, c'est le signe que les salariés ne déclarent plus leurs accidents par peur des conséquences. La cohérence entre TF et autres indicateurs (absentéisme, rotation) est un bon filtre.

Cas concret

Une PME industrielle de 120 salariés avait un TF de 42 en 2021, soit 75 % au-dessus de la moyenne sectorielle. Plan d'action 2022 : révision du DUERP, formation SST renforcée, achat d'EPI de meilleure qualité, ritualisation des briefings sécurité quotidiens. Résultat 2024 : TF à 18. Corrélation observée : absentéisme en baisse de 5 points, rotation du personnel en baisse de 3 points. La sécurité est un investissement qui paie sur plusieurs plans.

Questions fréquentes

Quelle différence entre taux de fréquence et taux de gravité ?
Le TF mesure la fréquence (combien d'accidents). Le taux de gravité mesure la sévérité (combien de jours d'arrêt générés par million d'heures travaillées). Les deux sont complémentaires : un TF élevé avec TG faible = beaucoup de petits accidents ; un TF faible avec TG élevé = peu d'accidents mais graves. Le suivi des deux donne une vision complète.
Où trouver le TF moyen par secteur ?
Sur le site de l'INRS (inrs.fr) qui publie chaque année les statistiques AT par branche d'activité. Aussi sur le site de l'Assurance maladie - Risques Professionnels (ameli.fr/entreprise) avec des données par numéro de risque. Les organismes paritaires de branche (OPPBTP pour le BTP, CARSAT pour la généralité) publient également leurs propres benchmarks sectoriels.
Comment réduire son taux de fréquence ?
Trois axes principaux : prévention primaire (éliminer le risque à la source : machine plus sûre, process revu), protection (EPI, signalisation, aménagement), culture sécurité (formation SST, management visible, briefings quotidiens). Les entreprises qui font baisser leur TF durablement combinent les trois ; celles qui ne jouent que sur les EPI voient leur TF stagner.