- Grille qui hiérarchise les postes par niveau, échelon et coefficient
- Fixée par la convention collective de la branche
- Détermine le salaire minimum conventionnel de chaque poste
- Obligatoire sur le bulletin de paie depuis 2017
Comment fonctionne une grille de classification
Chaque convention collective française contient une grille de classification. Elle découpe les emplois en 4 à 6 catégories (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise, cadres), chaque catégorie en niveaux (I, II, III...) et chaque niveau en échelons. À chaque case correspond un coefficient qui multiplie une valeur de point pour donner le salaire minimum conventionnel.
Exemple dans la convention Syntec (syndicat des bureaux d'études, informatique, conseil) : un développeur junior peut être classé 'Position 1.4.1', coefficient 200. Le minimum mensuel conventionnel correspondant est calculé selon la valeur du point fixée par avenant. Un développeur senior sera classé 2.2 ou 3.1, avec un coefficient bien supérieur (280 à 400+).
Pourquoi c'est important pour l'entreprise et le salarié
Côté salarié, la classification détermine trois choses : le salaire minimum en dessous duquel on ne peut pas descendre, le statut (cadre ou non-cadre, avec les implications retraite et prévoyance), et les évolutions possibles au sein de la grille. Un déclassement est juridiquement impossible sans accord du salarié.
Côté employeur, la classification encadre la cohérence interne. Elle évite (en théorie) les écarts de salaire injustifiés à poste équivalent. Elle est aussi la base des négociations salariales annuelles : la valeur du point, négociée au niveau de la branche, s'impose à toutes les entreprises appliquant la convention collective.
Une graphiste en CDI à Lyon remarque en 2024 que son bulletin porte la mention 'niveau II, coefficient 175' alors qu'elle travaille en autonomie sur des projets de A à Z depuis 3 ans. Après vérification de la convention collective Syntec, son poste correspond à 'Position 2.1, coefficient 270'. Elle demande la reclassification : son salaire minimum conventionnel passe de 2 100 à 2 600 euros bruts. L'employeur régularise sur 3 ans en arrière, soit plus de 15 000 euros de rappels.
Depuis le décret du 17 décembre 2016, la classification du poste (niveau, échelon, coefficient) doit figurer sur le bulletin de paie. L'article L3231-2 et suivants du Code du travail rappelle qu'aucun salarié ne peut être payé en dessous du salaire minimum conventionnel correspondant à sa classification. Source : Legifrance.