Définition RH

Forfait jours : définition

Le forfait jours, c'est un mode de décompte du temps de travail en jours travaillés sur l'année, réservé aux cadres autonomes et à certains salariés dont l'horaire ne peut pas être contrôlé. Il échappe à la règle des 35 heures et aux limites horaires classiques, mais s'accompagne d'obligations strictes de suivi.

Mis à jour le 23 avril 2026 Lecture : 3 min
Cadre consultant son agenda de jours travaillés
En bref
  • Décompte du temps de travail en jours et non en heures
  • Réservé aux cadres autonomes (ou assimilés) avec accord de branche ou d'entreprise
  • Plafond légal : 218 jours par an (souvent 215 dans les conventions collectives)
  • Obligation forte de suivi : temps de travail, charge, déconnexion

À qui s'applique le forfait jours

Le forfait jours peut s'appliquer à deux catégories définies par le Code du travail (article L3121-58). Les cadres autonomes dont la nature des fonctions ne les conduit pas à suivre l'horaire collectif applicable à leur équipe (consultant senior, manager, cadre commercial en déplacement). Les salariés non cadres autonomes dont la durée du temps de travail ne peut pas être prédéterminée et qui disposent d'une vraie autonomie.

Deux conditions cumulatives : un accord collectif (branche ou entreprise) qui autorise le forfait jours dans l'entreprise, et une convention individuelle de forfait signée par le salarié. Sans l'un des deux, le forfait est nul et le salarié peut réclamer le paiement des heures supplémentaires en rappel sur 3 ans.

Nombre de jours, rémunération, suivi

Le plafond légal est de 218 jours travaillés par an (jour de solidarité inclus). Beaucoup de conventions collectives descendent à 215 jours, quelques-unes à 207 ou 213 jours. Le salarié dispose de 104 jours de repos hebdomadaire (52 × 2), 25 jours ouvrés de congés payés, les jours fériés chômés, et le reste en jours de repos forfait (RTT spécifiques au forfait).

La jurisprudence impose un suivi strict de la charge de travail et de l'articulation vie pro / vie perso. Concrètement : entretien annuel dédié à la charge, suivi régulier par le manager, droit à la déconnexion formalisé, décompte des jours travaillés signé par le salarié chaque mois. Sans ce suivi, les tribunaux annulent le forfait et requalifient en 35 heures avec rappel d'heures supp (arrêts constants depuis 2011).

Cas concret

Une cadre consultante en forfait 218 jours depuis 2018 travaille en moyenne 58 heures par semaine de 2020 à 2023. Aucun entretien dédié à la charge n'a été tenu. En 2024, elle attaque aux prud'hommes la nullité de son forfait. Le tribunal requalifie en 35 heures et accorde 3 ans de rappels d'heures supp : 43 000 euros. L'accord collectif de branche était pourtant conforme, mais l'absence de suivi effectif suffit à annuler le forfait individuel.

Questions fréquentes

Tous les cadres peuvent-ils être en forfait jours ?
Non. Le forfait jours est réservé aux cadres 'autonomes', ce qui exclut les cadres intégrés à une équipe avec horaires collectifs (cadres de proximité en magasin, en atelier). La définition de l'autonomie est précisée dans l'accord collectif. Forfaitiser un cadre qui n'est pas autonome revient à annuler le forfait et à s'exposer à des rappels d'heures sup.
Peut-on refuser une convention de forfait jours ?
Oui. La signature de la convention individuelle est une condition de validité : un cadre peut refuser sans sanction. En revanche, dans la pratique, refuser équivaut souvent à refuser l'offre d'embauche ou à compliquer sa position dans l'entreprise. C'est surtout un sujet à négocier au moment du recrutement.
Combien de jours peut-on travailler en forfait jours ?
218 maximum par an selon la loi, souvent 215 en convention collective. Au-delà, accord individuel possible pour 'racheter' des jours de repos contre rémunération supplémentaire, dans la limite de 235 jours par an. Les jours rachetés doivent être majorés d'au moins 10 % selon la loi. Le franchissement du plafond légal expose l'employeur à un risque fort.