En bref
Le marché ne propose pas un logiciel RH unique qui traite aussi bien un planning de restaurant qu'un bulletin de paie ou une campagne d'entretiens. Six références couvrent le besoin en 2026, chacune sur un terrain différent.
- Skello : le planning et la gestion des temps des équipes qui tournent, à partir de 59 € par mois et par établissement
- Lucca : l'administration du personnel et les congés des PME de bureau, à partir de 7,40 € par collaborateur et par mois
- Factorial : le socle RH généraliste, dossiers, absences et reporting
- PayFit : la paie internalisée des PME, sans gestionnaire dédié
- Silae : la production de paie en volume, très implanté chez les cabinets d'expertise comptable
- Empowill : les entretiens, les compétences et le plan de formation
Tableau comparatif des meilleurs logiciels RH en 2026
Les six outils ci-dessous ne se classent pas sur une note globale. Ils se départagent sur la fonction autour de laquelle ils ont été construits, sur leur capacité à appliquer une convention collective sans retraitement manuel, et sur la transparence de leur tarif public.
| Critère | Skello | Lucca | Factorial | PayFit | Silae | Empowill |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Fonction d'origine | Planning et temps | Administration du personnel | Socle RH généraliste | Paie | Paie | Entretiens et compétences |
| Planning d'équipes en rotation | ✓ Natif | ✗ | Basique | ✗ | ✗ | ✗ |
| Pointage et badgeuse | ✓ Tablette et mobile | Déclaratif | Déclaratif | ✗ | ✗ | ✗ |
| Règles de convention appliquées au planning | ✓ | ✗ | ✗ | En paie | ✓ En paie | ✗ |
| Production des bulletins | ✗ Prépare les variables | ✗ | ✗ | ✓ | ✓ | ✗ |
| Entretiens et formation | ✗ | Module | Module | ✗ | ✗ | ✓ Point fort |
| Tarif d'entrée public | 59 € / mois / établissement | 7,40 € / collaborateur / mois | Sur devis | Sur devis | Non communiqué | Sur devis |
| Verdict | Le choix des équipes en horaires variables | Le socle des PME de bureau | Le généraliste polyvalent | La paie internalisée sans expert | La paie en volume via cabinet | La brique compétences |
Une lecture rapide du tableau donne déjà le principal enseignement : aucune colonne n'est cochée partout. Le choix ne consiste pas à trouver l'outil le plus complet, mais celui dont la fonction centrale correspond au poste de temps perdu le plus coûteux dans l'entreprise.
Six situations d'entreprise et le logiciel qui va avec
Plutôt qu'un classement général, voici six configurations rencontrées régulièrement, avec la réponse qui tient debout dans chacune.
Un restaurant de 15 salariés, un seul établissement
Le temps perdu se concentre sur deux tâches : refaire le planning chaque semaine et recompter les heures avant de les envoyer au comptable. La paie, elle, est déjà traitée à l'extérieur et fonctionne.
La réponse est un logiciel de planning et de gestion des temps, pas une suite RH. Skello couvre ce périmètre à partir de 59 € par mois et par établissement. Le point qui compte dans la restauration : la facture ne bouge pas quand l'équipe passe de 8 à 25 personnes en saison, parce que le tarif porte sur l'établissement et non sur le nombre de collaborateurs. Le détail du produit figure dans notre avis Skello.
Trois magasins et 40 personnes
Ici s'ajoute un besoin que le mono-établissement n'a pas : voir la masse salariale par magasin, en face du chiffre d'affaires, avant la fin du mois. Les heures qui débordent d'un magasin sur l'autre créent aussi du retraitement manuel.
Un outil de planning multi-établissements reste la base, complété par un moteur de paie. Sur ce dernier point, le choix entre PayFit et Silae dépend surtout de qui produit la paie : PayFit si l'entreprise la gère elle-même, Silae si le cabinet comptable la traite. Le sujet est comparé en détail dans PayFit vs Silae.
Une PME de bureau de 60 personnes en horaires fixes
Le planning n'a plus d'intérêt : tout le monde arrive à 9 h. Ce qui coûte du temps, c'est la gestion des congés, les dossiers du personnel, les notes de frais et les documents à produire.
Lucca occupe ce terrain depuis longtemps, à partir de 7,40 € par collaborateur et par mois avec un tarif dégressif selon l'effectif, et Factorial propose une couverture plus large sur un modèle sur devis. Les deux se valent sur le socle administratif, et le choix se fait souvent sur l'ergonomie ressentie en démonstration. Voir notre avis Lucca et notre avis Factorial.
Un cabinet médical ou une pharmacie de 12 personnes
Contrainte propre au secteur : la continuité de service. Il faut toujours quelqu'un au comptoir, les gardes et les remplacements s'organisent à l'avance, et une absence de dernière minute doit se combler dans l'heure.
Le besoin ressemble à celui de la restauration, avec une exigence supplémentaire sur les rotations. Un outil qui gère les échanges de créneaux entre collaborateurs et les alertes de sous-effectif fait gagner plus de temps qu'un module de gestion des congés seul.
Une entreprise de propreté, 80 personnes sur 30 sites
Cas le plus difficile du panel. Les équipes ne passent jamais au bureau, les interventions durent parfois une heure, et personne ne badge sur un point fixe.
La seule réponse praticable est le pointage mobile géolocalisé : le collaborateur déclare son arrivée depuis son téléphone, sur le site où il intervient. Sans cela, les heures reposent sur du déclaratif papier que personne ne consolide. La convention collective de la propreté impose par ailleurs des durées minimales d'intervention qu'un outil doit contrôler au moment de la planification.
Un groupe de 400 personnes sur deux pays
L'équation s'inverse. Coordonner quatre éditeurs différents, avec quatre contrats et quatre connecteurs à maintenir, coûte plus cher que le surprix d'une suite unique. La consolidation du reporting devient à elle seule un motif de décision.
À cette taille, la brique compétences cesse aussi de tenir dans un tableur. Empowill traite les campagnes d'entretiens, la cartographie des compétences et le suivi des obligations de formation, en complément d'un socle existant. Le comparatif dédié se trouve dans meilleur logiciel RH pour la gestion des entretiens.
Skello, le logiciel RH des équipes qui tournent
Skello en résumé
Skello, éditeur français créé en 2016, s'est construit autour d'un seul problème : organiser le travail des équipes dont les horaires changent chaque semaine. Hôtellerie et restauration, commerce, santé et pharmacies, construction, propreté et loisirs. La plateforme couvre la création des plannings, le pointage, la gestion des absences et la préparation des variables de paie. Les grilles tarifaires sont publiées sur skello.io.
La différence tient à un détail de facturation que les concurrents n'ont pas : l'abonnement porte sur l'établissement, de 59 à 129 € par mois selon la formule, et non sur le nombre de collaborateurs. Dans une activité saisonnière, cela change le calcul sur l'année entière. Un établissement qui triple son effectif en juillet paie le même montant qu'en février, là où une tarification par personne suit la courbe.
Deuxième point différenciant : les règles de la convention collective s'appliquent pendant la construction du planning, pas après publication. L'alerte tombe avant que le planning ne soit envoyé aux équipes, ce qui évite de le refaire. Sur les données publiées par l'éditeur en 2026, l'usage représente environ 4 heures gagnées par semaine et par établissement sur la seule gestion des plannings, et des coûts liés aux retards divisés par deux après installation de la badgeuse.
Points forts
- Tarif par établissement, insensible aux variations d'effectif saisonnier
- Règles conventionnelles vérifiées pendant la construction du planning
- Pointage mobile géolocalisé pour les équipes qui se déplacent
- Export des variables vers PayFit, Silae, e-Paye ou Sage
- Application mobile bien acceptée par les équipes de terrain
Points faibles
- Ne produit pas les bulletins de paie
- Pas de module d'entretiens annuels ni de gestion de la formation
- Intérêt limité pour un effectif entièrement en horaires fixes
Pour qui hésite avec d'autres outils du même segment, les alternatives à Skello sont détaillées dans une page dédiée.
Ce que coûtent vraiment les logiciels RH en 2026
Les tarifs affichés ne représentent qu'une partie de la facture de la première année. Voici les trois modèles du marché et ce que chacun cache.
| Modèle de tarification | Fonctionnement | Exemples | Ce qui s'ajoute |
|---|---|---|---|
| Par établissement | Montant fixe, sans lien avec l'effectif | Skello, de 59 à 129 € par mois | Modules complémentaires à la carte |
| Par collaborateur | Montant unitaire mensuel, souvent dégressif | Lucca, à partir de 7,40 € | La facture suit les embauches |
| Sur devis | Prix négocié par modules et par volume | Factorial, PayFit, Silae, Empowill | Coût de mise en service et durée d'engagement |
Les postes que personne n'affiche : le paramétrage de la convention collective, qui prend plusieurs jours sur les secteurs à convention exigeante, la reprise des compteurs de congés en cours d'année, la formation des responsables d'établissement, et le connecteur vers le logiciel de paie ou vers le cabinet comptable. Sur un projet de PME, ces lignes pèsent souvent l'équivalent de trois à six mois d'abonnement.
Un repère utile pour trancher : à 4 heures récupérées par semaine et par établissement sur la gestion des plannings, un abonnement à 79 € par mois se rembourse en moins de deux heures mensuelles de travail de responsable, valorisées au coût employeur. Le calcul est moins favorable dès que l'outil ne touche pas au poste de temps perdu principal. Pour la partie paie, les critères de sélection sont détaillés dans notre guide sur choisir son logiciel de paie, et le périmètre exact d'un système RH complet dans la définition du SIRH.
Trois erreurs qui coûtent cher avant de signer
Acheter une suite complète pour un problème de planning
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus chère. Une entreprise de 60 personnes en restauration achète une suite RH généraliste pour tout centraliser, découvre que le module planning ne gère pas les rotations, et refait ses horaires sur un tableur à côté de l'outil qu'elle paie. Le module le plus faible de la suite devient le plafond du projet entier.
Décider sans les responsables d'établissement
Le directeur financier signe, le responsable de salle utilise. Si ce dernier ne sait pas dupliquer une semaine type au bout de deux essais, il retourne à son tableur et le projet meurt sans que personne ne le déclare mort. Faire tester l'interface par deux ou trois managers avant la signature vaut mieux que n'importe quelle grille de comparaison.
Négliger la reprise des compteurs de congés
Importer la liste du personnel prend une heure. Reprendre les soldes de congés payés et de repos compensateurs à la bonne date d'arrêté prend deux jours, et c'est l'étape que les projets sautent le plus souvent. Des compteurs faux au démarrage produisent des contestations pendant des mois et ruinent la confiance des équipes dans l'outil.
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